UA-71725595-1 UA-71725595-1
Accueil Montpellier Malbosc Euromédecine | Tous les blogs de Montpellier | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami


18/07/2018

Euromédecine – Souffrances et plaisirs de vivre, dits à hauteur d’hommes : les résidents des foyers Wallon Laîné s’expriment

Les portes ouvertes arrivent à leur terme ce 19 juin aux foyers de la plateforme Wallon Laîné. Le public vient de découvrir le lieu de vie de leurs hôtes, mais bien plus encore. A chaque halte les voix des comédiens se sont élevées, captant dans un silence attentionné l’attention de tous pour dire leur quotidien.

Notre Foyer.jpg

Tous ont l’impression d’avoir vécu un moment bien particulier. Les résidents parce qu’avec la médiation des acteurs ils ont donné leur récit de vie en partage. Le public parce qu’il entendait et comprenait l’expression des souffrances, bonheurs, envies de liberté et plaisirs de vivre, dits à hauteur d’hommes.

David Léon 2BIS.jpg

David Léon, éducateur au sein de la structure, est à l’origine de ce projet. Il a rencontré les résidents(es) des foyers d’une manière informelle. « Nous avons parlé de leur parcours de vie, des troubles de la maladie, de la vie au jour le jour. J’ai pris des notes, considéré leur parole, écrit pour chacun un texte ». Il a ensuite travaillé avec des comédiens à la mise en espace de ces textes. Ils ont choisi de présenter ce travail sous forme déambulatoire au sein des foyers.

« Prendre au sérieux la parole, si quotidienne soit-elle »

« Ce qui s’est passé aujourd’hui est quelque chose de l’ordre de la « reconnaissance », autant du côté des personnes concernées directement par les troubles psychiques, que par les personnes qui en sont, a priori, plus éloignées », souligne Léon David. « Elles se sont, elles, reconnues dans ces paroles de vie, dans des parcours parfois bouleversés. Elles se sont reconnues dans une certaine vérité. Il en est de même pour les professionnels, qui avec une parole, agrandie et sublimée, portée par des comédiens, voient ainsi leur travail, souvent invisible, mis en lumière. ».

Leïa Besnier.jpg

Leïa Besnier

Mis en forme et encadrés, tous ces textes sont affichés dans les résidences. Manifestement ce recueil de paroles et leur restitution ont connu une réelle adhésion. Cette appréciation d’une résidente l’illustre bien : « Vous avez mis de la chair dans notre parole ». Et David Léon de conclure « C’est bien la visée de ce projet : prendre au sérieux la parole, si quotidienne soit-elle, la reconnaître comme un mouvement de vie. »

« NOTRE FOYER ». Mise en espace, écriture et direction artistique, David Léon. Déambulation aux Foyers d’Accueil Médicalisé et aux Foyers de vie. APSH 34. Plateforme Henri Wallon-Tony Lainé. Avec la chanteuse EloÏse EsÏole et les interprètes Julien Salignon, Leïa Besnier, Roman-Karol Halftermeyer & Eric Colonge. Cie Osmose & Muse.

Extrait de la parole d’Isabelle Belloli, résidente au foyer d’accueil médicalisé.

 Je vis ici depuis 9 ans, cela fera 10 ans l’année prochaine. Il y a eu beaucoup d’évolution, un travail personnel, je m’y sens bien, au niveau de la psychiatrie il y a eu une stabilisation.

Quand on s’entaille les bras et quand on se brûle les avant-bras. Quand on est sans arrêt dans les angoisses oui quand on est dans l’Irréel, dans l’au-delà de la réalité. Quand on se mutile. Et on se fait du mal pour ne pas faire du mal aux autres. Quand on pose la douleur, c’est une douleur mentale, quand on la pose sur tout le corps ; pour oublier toute cette douleur.

Ici, c’est la structuration, c’est être aidée et écoutée, être soignée, mettre des mots sur toutes ces peurs et ces lubies et ces angoisses. À force de mettre des mots j’ai avancé et j’ai appris à mettre en mots  « Mais passe nous voir. Viens nous parler » disent les éducateurs, c’est exactement ça.

C’est : « Il faut vivre ».

Prendre la vie et l’accueillir du mieux possible. Je crois qu’avant je n’aurais pas compris ces mots :

« Il faut vivre. »

Cette phrase m’aurait moins percutée. C’est tout le bon sens. C’est la ligne droite, directe de ce qui fait la vie. C’est exactement ça oui, c’est : « Il faut vivre.»

18:26 | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.