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05/04/2016

Malbosc - Le Mas Beau Soleil n’intriguera plus les passants, à sa place se construit un immeuble de 34 logements

Perdu au milieu des 2100 nouveaux logements de la ZAC, le « Mas Beau Soleil », surprenait toujours. Aujourd’hui, il n’est plus. « J’ai pris la mesure du temps qui passe et décidé de me séparer définitivement de ma maison familiale depuis 47 ans ». Jean Galindo le dit tranquillement et ajoute : « Je 2PETITMAS.jpgressens quand même un pincement au cœur et une certaine nostalgie que j’essaie d’oublier. Mais je garde précieusement une image en mémoire. Ce mas, seul sur le coteau comme un coquelicot au milieu d’un champ de blés dorés, et tout le monde le regarde ! » 

En 1949, il a 7 ans et découvre un mas de vignes bien rudimentaire lorsqu’il arrive sur la colline de Malbosc avec son père Marcos et sa mère Isabelle. Jusqu’alors ouvrier agricole, Marcos est enfin propriétaire. Il vient d’acquérir quelques arpents de vignes. Toute la famille, Jean avec ses frères Pierre, Rodrigue, Salvador, Marc et ses sœurs Rose et Lucie, trouve à se loger dans une grande bâtisse un peu plus bas, route de Grabels. Commencent alors de longues années laborieuses. Parents et enfants aménagent cette maison familiale, remettent en état ces terres, et valorisent ainsi leur premier patrimoine. 

Le petit mas des vignes transformé en maison familiale 

Après avoir hérité de son père, Jean décide de faire du petit mas sa résidence principale. En 1969, il s’y installe avec sa femme Claude et leur petit garçon Jean-Claude, puis son frère Thierry né en 70. Les premiers temps sont difficiles, il faut transformer ce mas en véritable habitation. « Tout est à faire revêtements sols, isolation, sanitaires, salle d’eau… » Et il faut aussi compter : « Au lieu d’aller au cinéma j’achetais des tuiles ou du ciment ! »


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La famille attendra quelques années pour disposer d’un confort relatif. Le plus indispensable reste l’approvisionnement en eau. Une citerne d’eau de pluie, et un puits alimentant une autre citerne y pourvoient. « L’été nous souffrons de manque d’eau pour les enfants ». Quelque trente ans plus tard la construction de la ZAC amène enfin l’eau courante au mas Beau Soleil ! Mais les enfants sont partis.

Au-delà de tout ce labeur seul compte pour Jean Galindo le souvenir de la vie familiale partagée avec ses parents, frères et sœurs ainsi qu’avec sa femme et ses enfants, faite de tant de bonheurs et de bien de soucis aussi. « J’ai d’ailleurs écrit quelques pages de cette enfance pour mes enfants et petits enfants. En l’écrivant m’est sans cesse revenu « La gloire de mon père » de Marcel Pagnol qui m’a fait tant rêver ».

A la veille de quitter sa maison, promise à la démolition pour laisser place à un immeuble, Jean a pris une dernière photo qui traduit parfaitement ses sentiments et légendée ainsi :

« Les feuilles de kaki comme des larmes sur la table et les chaises de jardin. »

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