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03/01/2015

Malbosc – « Une sonorité, des pins, un parfum, des oiseaux invisibles… »

Le quartier que j'habite c'est d'abord un nom : Malbosc, un nom qui résonne délicieusement à mes oreilles, exactement de la même façon que le mot « langue d'oc »  m'enchantait alors que, toute jeune écolière, je n'avais jamais voyagé au-delà de 50 km autour de Lyon.

Langue d'oïl, cela chuintait comme un bruit mouillé de terre spongieuse, cela sentait la mousse et les feuilles mortes humides, cela faisait naître des horizons bas et désespérément grisaillants. Alors que la langue d'oc claquait joyeusement dans un ciel d'un bleu vibrant, préfigurait les cigales dont je ne connaissais pas encore le cisaillement ininterrompu, courait dans une garrigue ou un maquis élevés au rang d'éden et évoquait le troubadour mystérieux mais provençal, allez savoir pourquoi.

C'est pourquoi celui qui m'a fait remarquer que Malbosc signifiait : "mauvais bois" s'est vu répondre que, mauvais ou pas, Malbosc resterait la musique qui m'accompagnerait jusqu'à la fin de ma vie.

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Aux lisières de mon quartier s'élancent les grands pins du Domaine d'Ô, ombelles géantes que je ne manque jamais d'admirer car ils incarnent un rêve enfoui pendant des années, au point de n'avoir jamais été formulé, indicible donc. Et si simple, si à portée de mains finalement.

Le quartier que j'habite offre l'été le parfum des tilleuls des vacances estivales où, pendant des années, j'ai tenté de faire provision de lumière pour les sombres journées à venir. Malheureusement seules quelques cigales se sont aventurées dans mon jardin durant deux étés seulement.

Et si j'ai vu certains soirs la nuée des corneilles piaillantes, j'ai guetté en vain la ronde éperdue des hirondelles qui plongeait les soirs d'été dans la cour de mon immeuble lyonnais. J'aurais retrouvé, à Malbosc, l'émotion incompréhensible qui me saisissait, si palpable encore qu'elle ressurgit instantanément sous n'importe quel ciel envahi par ces oiseaux tournoyant inlassablement sans motif apparent.

Une sonorité, des arbres, un parfum, des oiseaux invisibles. C'est tout pour ce quartier ? Non bien sûr et, si j'en ai l'opportunité, je saurai bien en faire partager d'autres attraits.

 Jacqueline Barré 

Récit mêlant réalité, souvenir ou fiction, extrait du recueil "C'est notre quartier "de l’ atelier "Ecrits d'O » du comité de quartier Malbosc Bouge.

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