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13/02/2011

Malbosc - Souvenirs d’enfance de Céline et Thérèse

montpellier,malbosc,urbanisme,famille galindo,joseph delteil,tuilerie massane,domaine gimel,la pailladeChamps de blé que l’on moissonne, parcelles de vignes que l’on vendange, le Malbosc d’avant la ZAC, était un quartier de Montpellier essentiellement agricole jusqu’en l’an 2000. Les souvenirs d’enfance des décennies 60 et 70 de Céline et Thérèse permettent de connaître quelques aspects de la vie d’alors. « Quand tous ces matins je vois le givre sur l’herbe de la voie du tram je me revois écolière. J’attends le car de ramassage devant la maison familiale dans le froid, tapant des pieds pour me réchauffer, et je suis éblouie par le tapis blanc qui recouvre tout le paysage… »

Cette première image débute le récit de Céline et Thérèse,qui précisent : « En fait nous vivions à la campagne. Ce n’était pas le bout du monde, mais presque ». Leurs parents et auparavant leurs grands parents, travaillent depuis 1920 la terre de Malbosc et de La Paillade, champs de blé et vignes.

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 Un immense et superbe terrain de jeux

Au fil de la conversation les souvenirs d’enfance affluent. Tout d’abord la pêche aux têtards dans les mares aux grenouilles, à la hauteur de la Maison de retraite, lorsque munies d’un épuisette elles les atrappent pour les observer se transformer. Un peu plus haut sur la colline, deux grands ormeaux de belle taille s’élèvent sur la colline (entre les immeubles Xanadû et Primavera). Chaque année Céline y retrouve une chouette qui vient s’y nicher. Un peu plus loin, à droite sur la route de Grabels, il y a la Tuilerie de Massane, une propriété viticole où vit l’écrivain Joseph Delteil. En face c’est le domaine de Gimel un peu mystérieux : « On nous disait qu’un lionceau y vivait en liberté ». C’est la première limite de leur terrain de jeux, qui s’étend encore vers Montpellier.

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Isabelle, Marc-Pierre, Thérèse et Céline

Le Domaine d’Ô, demeure d’été du Préfet, est un lieu très clos, on ne peut guère y pénétrer. « Heureusement  comme j’étais à l’école avec la fille du concierge j’y étais parfois invitée. J’ai ainsi assisté au tournage de quelques scènes de l’Emmerdeur (1973) avec Jacques Brel».

Enfin, dernière frontière avant la ville, ce n’est pas encore le rond-point du Château d’Ô le carrefour des Lions en référence aux statues de la porte du domaine. Au-delà c’est déjà la grande ville. Ce que Thérèse et Céline en connaissent ? Le marché place Jean-Jaurès où leur mère se rend à pied chaque semaine ; et puis leur école maternelle et primaire ainsi que le collège, avenue d’Assas près des Arceaux. « Les collégiens y vont à vélo, alors que les écoliers bénéficient du car de ramassage scolaire ».

Une brassée d’images leur revient en mémoire : le boulanger qui chaque matin remplit la corbeille à pain, la moissonneuse batteuse dans la chaleur de l’été, les Montpelliérains qui le dimanche viennent en nombre piqueniquer… De quoi alimenter bien d’autres conversations.

 Le grand oubli du travail des hommes

Ce récit à deux voix, ponctué parfois de quelques pointes de nostalgie, émaillé d’anecdotes, de rires partagés décrit le quotidien « ordinaire » de la famille Galindo,et révèle une histoire de vie qui dessine le Malbosc d’avant, déjà oublié, déjà effacé.

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C’est un peu comme si les urbanistes, les architectes et même certains élus ont tiré un trait sur ce passé de Malbosc. A-t-il seulement été évoqué lors des inaugurations ? On y parle de souci écologique, de biodiversité, sujets certes très sérieux et de grand intérêt ; bien sûr des traces seront conservées avec quelques pieds de vignes et des oliviers. Reste le grand oubli du labeur des hommes et des femmes ouvriers agricoles des domaines ou propriétaires de petites parcelles. N’est-ce pas eux qui ont travaillé cette terre de vignes et de blé et façonné un paysage qu’ils ont donné en héritage ?


Le nouveau Malbosc désole des anciens habitants

Le ton se fait parfois plus sérieux. Thérèse : « Moi, j’ai vraiment tout fait pour rester à Montpellier et dans le quartier. J’ai dû plusieurs fois changer de travail, mais je me suis vraiment accrochée». Quant au nouveau Malbosc, si elles en relèvent des aspects positifs, elles partagent le même sentiment : « Ceux qui y ont vécu auparavant se désolent de cette réalisation, de la densité des immeubles et du nombre d’habitants. Lorsque l’annonce de la ZAC a été faite, j’imaginais des ensembles de maisons ou de petits collectifs comme ceux de la rue du Père Soulas ». Elles expriment aussi le regret que les noms de rues, comme celui de la route de Grabels aient été systématiquement changés… « De quoi y perdre nos derniers repères !»

 La famille Galindo s’enracine à Malbosc

Marcos et Isabel Galindo arrivent en 1920. Agriculteurs, ils ont quitté Lorca  dans la région de Murcie en Espagne. Marcos est ouvrier agricole durant des années. Le couple acquiert ensuite quelques parcelles de terres qu’ils mettent en valeur avec de la vigne et du blé, tout en continuant à travailler dans les domaines environnants.

En 1950 leur fils Pierre et son épouse Marguerite leur succèdent à la tête de leur petite exploitation. Pierre travaille aussi les vignes du Mas de La Paillade (actuelle Maison pour Tous Léo Lagrange), propriété de Sophie Desmarets. Les labours s’y effectuaient encore avec un cheval. Leurs 4 enfants Isabelle, Marc-Pierre, Thérèse et Céline vivent toute leur enfance à Malbosc. Les enfants de la quatrième génération Laurène, Sylvain, Alexandre et Fabien suivent aujourd’hui leurs traces.

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Commentaires

De bons souvenirs ! Moi aussi je prenais ce chemin pour aller à Notre Dame de Bon Secours, chez les religieuses où j'étais en pension. Ma maman y était cuisinière et mes deux soeurs monitices; Nous faisions de longues et magnifiques ballades sur cette route ,sous les amandiers sauvages. J'habitais Grabels.Ce village , Gimel, Malbosc,Bon-Secours ...toute mon enfance ! !
Merci pour ce merveilleux partage.

Écrit par : Reboul | 15/02/2012

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